La gastronomie chinoise s’implante à Monaco – Le Figaro

 

Créateur en Angleterre d’une multitude d’adresses à succès, Alan Yau vient d’inaugurer Sonq Qi, le premier restaurant gastronomique chinois de la Côte d’Azur.
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L événement a mobilisé la presse française et étrangère. Alan Yau, chef chinois totalement inconnu en France, mais considéré comme une star au Royaume-Uni, vient d’inaugurer Song Qi, un restaurant qui a l’ambition de devenir la référence gastronomique chinoise de la Côte d’Azur.
Le Rocher est petit, mais les moyens immenses. Song Qi a ouvert ses portes le 29 mai dernier, sur l’avenue Princesse-Grace, l’une des artères les plus tendance et donc les plus chères au monde (on parle de 35.000 € le m2). Exit l’ancien restaurant italien Lorenzo, place à un nouvel écrin conçu par l’agence d’architecture intérieure Humbert & Poyet. Le concept? Une Asie fantasmée, clin d’œil à l’âge d’or du Shanghaï des années 1930, que des matériaux luxueux revisitent à grand renfort de panneaux de laque, appliques en albâtre et laiton, banquettes et fauteuils en velours. Un décor très «waouh», qui peut accueillir 75 couverts en salle et 25 en terrasse. Le chef Alan Yau, 52 ans, originaire de Hongkong, arrive à Monaco auréolé de sa notoriété. Renifleur de tendances, difficilement classable pour nos palais hexagonaux, ce «metteur en scène», selon son partenaire financier et associé Riccardo Giraudi, lance des concepts novateurs et très identifiés. À Londres, ce fut Wagamama, cantine japonaise de ramen, l’un des phénomènes culinaires des années 1990, dupliquée seize fois à travers le monde. Puis, en 1999, après s’être délesté de la précédente enseigne, le lancement de Busabai Eathai, sur l’idée de plats de partage thaï, savoureux et accessibles. Là encore, une dizaine d’adresses à Londres, et la revente en 2008. Ensuite, changement de cap radical avec Hakkasan, ouvert en 2001, dans le quartier central londonien de Bloomsbury, sur le créneau d’une cuisine chinoise haut de gamme, dans un décor ultrachic signé Christian Liaigre. Avec ses plats signatures, comme le canard pékinois au caviar, le bœuf Wagyu grillé à la sauce de soja royale, il est très vite gratifié de deux macarons Michelin.
Emballement médiatique

À chaque fois, le modus operandi est le même, Alan Yau se sépare d’affaires pour en recréer aussitôt d’autres, tout aussi novatrices: Yauatcha (étoilé), autour des dim sum ; Sake No Hana, un japonais sophistiqué ; Princi, en mode pizzeria ; Naamyaa, façon café thaï, et même un gastropub chinois dans Soho… On a du mal de ce côté-ci de la Manche à cerner ce chef atypique. Cuisinier, homme d’affaires, visionnaire et moine bouddhiste? Un peu de tout cela sans doute, en tout cas assez pour que son implantation à Monaco crée un emballement médiatique. Chez Song Qi, donc, 18 cuisiniers dont 2 chefs qu’il a formés concoctent une carte aux saveurs asiatiques qui fait appel aux produits de la Méditerranée, comme les poissons et légumes, travaillés version chinoise. Parmi les plats phares, le canard laqué pékinois, concombre et cébette, les gambas cuites à la vapeur et haricots noirs, le wok de poulet jaune, sauce de saint-jacques séchées, le crabe mou, piment et feuille de curry… Une fusion maîtrisée et maligne qui permet de butiner la carte et satisfaire aussi bien les appétits éthérés que les crocs acérés. Autre arme de séduction massive, la cave flamboyante. Outre les champagnes, elle n’a pas oublié que la Chine était devenue le premier consommateur mondial de vin rouge. D’où une sélection pointue de beaux flacons venus d’Europe et du Nouveau Monde avec, parmi les grands crus classés bordelais, des raretés, comme un Château Lafite Rothschild de 1990 à 3590 €, un Pétrus 1999 à 4900 €…
Song Qi a une mission. Combler l’absence d’un restaurant chinois haut de gamme sur la Riviera et donc séduire une clientèle asiatique de plus en plus nombreuse. Si, en outre, celle-ci reste un peu plus longtemps que prévu à Monaco, personne ne s’en plaindra.

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Créateur en Angleterre d’une multitude d’adresses à succès, Alan Yau vient d’inaugurer Sonq Qi, le premier restaurant gastronomique chinois de la Côte d’Azur.
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Le Rocher est petit, mais les moyens immenses. Song Qi a ouvert ses portes le 29 mai dernier, sur l’avenue Princesse-Grace, l’une des artères les plus tendance et donc les plus chères au monde (on parle de 35.000 € le m2). Exit l’ancien restaurant italien Lorenzo, place à un nouvel écrin conçu par l’agence d’architecture intérieure Humbert & Poyet. Le concept? Une Asie fantasmée, clin d’œil à l’âge d’or du Shanghaï des années 1930, que des matériaux luxueux revisitent à grand renfort de panneaux de laque, appliques en albâtre et laiton, banquettes et fauteuils en velours. Un décor très «waouh», qui peut accueillir 75 couverts en salle et 25 en terrasse. Le chef Alan Yau, 52 ans, originaire de Hongkong, arrive à Monaco auréolé de sa notoriété. Renifleur de tendances, difficilement classable pour nos palais hexagonaux, ce «metteur en scène», selon son partenaire financier et associé Riccardo Giraudi, lance des concepts novateurs et très identifiés. À Londres, ce fut Wagamama, cantine japonaise de ramen, l’un des phénomènes culinaires des années 1990, dupliquée seize fois à travers le monde. Puis, en 1999, après s’être délesté de la précédente enseigne, le lancement de Busabai Eathai, sur l’idée de plats de partage thaï, savoureux et accessibles. Là encore, une dizaine d’adresses à Londres, et la revente en 2008. Ensuite, changement de cap radical avec Hakkasan, ouvert en 2001, dans le quartier central londonien de Bloomsbury, sur le créneau d’une cuisine chinoise haut de gamme, dans un décor ultrachic signé Christian Liaigre. Avec ses plats signatures, comme le canard pékinois au caviar, le bœuf Wagyu grillé à la sauce de soja royale, il est très vite gratifié de deux macarons Michelin.
Emballement médiatique

À chaque fois, le modus operandi est le même, Alan Yau se sépare d’affaires pour en recréer aussitôt d’autres, tout aussi novatrices: Yauatcha (étoilé), autour des dim sum ; Sake No Hana, un japonais sophistiqué ; Princi, en mode pizzeria ; Naamyaa, façon café thaï, et même un gastropub chinois dans Soho… On a du mal de ce côté-ci de la Manche à cerner ce chef atypique. Cuisinier, homme d’affaires, visionnaire et moine bouddhiste? Un peu de tout cela sans doute, en tout cas assez pour que son implantation à Monaco crée un emballement médiatique. Chez Song Qi, donc, 18 cuisiniers dont 2 chefs qu’il a formés concoctent une carte aux saveurs asiatiques qui fait appel aux produits de la Méditerranée, comme les poissons et légumes, travaillés version chinoise. Parmi les plats phares, le canard laqué pékinois, concombre et cébette, les gambas cuites à la vapeur et haricots noirs, le wok de poulet jaune, sauce de saint-jacques séchées, le crabe mou, piment et feuille de curry… Une fusion maîtrisée et maligne qui permet de butiner la carte et satisfaire aussi bien les appétits éthérés que les crocs acérés. Autre arme de séduction massive, la cave flamboyante. Outre les champagnes, elle n’a pas oublié que la Chine était devenue le premier consommateur mondial de vin rouge. D’où une sélection pointue de beaux flacons venus d’Europe et du Nouveau Monde avec, parmi les grands crus classés bordelais, des raretés, comme un Château Lafite Rothschild de 1990 à 3590 €, un Pétrus 1999 à 4900 €…
Song Qi a une mission. Combler l’absence d’un restaurant chinois haut de gamme sur la Riviera et donc séduire une clientèle asiatique de plus en plus nombreuse. Si, en outre, celle-ci reste un peu plus longtemps que prévu à Monaco, personne ne s’en plaindra.

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